The core of my practice is to seek a dialogue between elements that are culturally perceived as ambivalent or even contradictory. Interplaying between the attractive and the repellent, the identifiable and the unknown, the erotic and the beautiful, the pieces thus appear ambiguous. Through my work, following the example of advertising images, I try to play with the visual expression of a latent ambiguity, of a disorder - characteristic of our feeling of desire - and stir it up.

The use of repetition and saturation in most installations allows my images to blend seamlessly into each other. These productions become themselves a material that is reinvested in the seductive and illusory areas of advertising but that remains free from the promotion of any product.
The works, which are ambivalent enough to avoid being categorized, seem to blend into a hybrid ecosystem where the pieces are condemned to a moving interpenetration between repulsion and seduction.

La recherche d’un dialogue entre des éléments culturellement perçus comme ambivalents, voire contradictoires est au cœur de ma pratique. Situées à la frontière entre l’attirant et le repoussant, l’identifiable et l’inconnu, l’érotique et le beau, les pièces apparaissent ainsi équivoques. Je tente dans mon travail, à l’instar des images publicitaires, de jouer avec la formulation visuelle d’une ambiguïté latente, d’un trouble, caractéristique de notre sentiment du désir pour attiser celui-ci.

Dans la plupart des installations, le choix de la répétition et de la saturation permet aux images de se fondre sans fin les unes dans les autres. Ces productions deviennent une matière qui réinvestie les espaces séduisants et illusoires de la publicité mais reste indépendantes de la valorisation d’un quelconque produit.
Suffisamment ambivalentes pour échapper à une catégorisation, les productions semblent s'effacer au sein d’un écosystème hybride où les pièces sont condamnées à une interpénétration mouvante entre l’écœurement et la séduction.





Through a series of installations, sculptures and pictures, Pauline d’Andigné stages the boundaries between the alluring and the repellent, the erotic and the beautiful. The works, which cannot be associated with one or the other feature, recall the frequently troubled nature of the feeling of desire.

In the lower rooms, the contrast between the aesthetic mastery of cold colors, shiny surfaces and swollen structures matches the trickling movement of a fluid that is on hold. The simplicity in the form and the device of repetition allow what is seen to become directly understandable. In this case, ambiguity is not something suggested but something required.

Upstairs, the pastoral meets the morbid. The artist combines the attractive colors of the flowers with the dripping aspect of  the sauces, where insects and bits of rotting flesh build up. The bucolic mingles with the disturbing, the buzzing of the bee with that of the fly. And it is through this mixture, reminiscent of an harmonic sound that can only be appreciated because it is preceded by dissonant one, that the immediacy of the sensation can be experienced.


Léonore Larrera
Text for the exhibition You make me ...

Traduction par Lucie Jézéquel


Au travers d’installations, de sculptures et d’images, Pauline d’Andigné met en scène les frontières entre l’attirant et le repoussant, l’érotique et le beau. Les pièces, ne pouvant être affiliées à l’un ou l’autre des régimes, renvoient au caractère souvent trouble du sentiment de désir.

Dans les salles du bas, la maîtrise d’une esthétique aux couleurs froides, surfaces brillantes et structures gonflées contraste avec le dégoulinement d’un fluide mis sur arrêt. La simplicité de la forme et le choix de la répétition comme dispositif permettent à ce qui est vu d’être directement intelligible. L’ambiguïté n’est ici pas suggérée mais imposée.

À l’étage, le champêtre s’allie au morbide. L’artiste combine les couleurs séduisantes des fleurs au dégoulinement de sauces, où se déposent insectes et bouts de chair en décomposition. Le bucolique se mêle au dérangeant, le bourdonnement de l’abeille à celui de la mouche, et c’est par ce mélange, à l’image d’une consonance qui ne peut être appréciée que parce qu’elle est précédée d’une dissonance, que l’immédiateté de la sensation se fait ressentir.


Léonore Larrera
Text pour l’exposition You make me ...